Origine :
L'artichaut, tel qu'on le consomme à table, n'est en fait que le bouton floral de la plante : ces feuilles sont en réalité des « bractées ». Les véritables
feuilles, celles qu'on emploie à des fins médicinales, poussent le long de la tige; elles sont également comestibles (blanchies ou cuites), mais on n'en trouve généralement pas dans le commerce.
Ce légume est cultivé abondamment dans la région méditerranéenne, mais la Californie en a aussi fait, depuis près de 100 ans, une culture de choix.
On sait, grâce à des représentations graphiques anciennes, que les Égyptiens cultivaient déjà l'artichaut dans la haute Antiquité. Les Grecs et les Romains l'ont importé et s'en sont servis pour
favoriser la digestion et pour traiter les troubles hépatiques et rénaux.
Dans la médecine traditionnelle européenne, les feuilles d'artichaut sont employées depuis longtemps, et encore aujourd'hui, pour stimuler l'activité rénale et la sécrétion biliaire. La
plante entre dans la composition de nombreuses préparations traditionnelles destinées à stimuler la production de bile. On s'en est beaucoup servi pour préparer des boissons apéritives.
Etudes :
On a commencé à étudier les effets médicinaux de cette plante au début du XXe siècle, lorsque des chercheurs français confirmèrent son action alléguée sur les reins et la vésicule
biliaire. Vers le milieu du siècle, des Italiens isolèrent de la plante un composé qu'ils nommèrent cynarine. Cette dernière fut par la suite synthétisée et utilisée jusque dans les
années 1980 pour stimuler le foie et la vésicule biliaire, de même que pour faire baisser les taux de cholestérol, pour être finalement remplacée par d'autres médicaments de synthèse.
Troubles digestifs. La commission européenne reconnaît l'usage des feuilles d'artichaut pour traiter la dyspepsie, un ensemble complexe de symptômes digestifs plus ou moins
directement liés à des troubles non fonctionnels (c'est-à -dire sans lésion organique) du système hépato-biliaire. Jusqu'à récemment, à l'instar des herboristes, les médecins de formation
classique soignaient généralement ces malaises à l'aide de substances amères, comme celles qu'on retrouve dans l'artichaut et le chardon marie. En Europe, ces plantes font partie de
nombreuses préparations pharmaceutiques destinées au traitement de divers troubles d'origine hépatique et biliaire.
L'artichaut a la propriété de faire augmenter la production de bile. On attribue généralement cet effet aux flavonoïdes que renferme la plante et à leurs métabolites.
En 1997, on a publié un résumé de diverses études (voir note ci-dessous) ayant porté sur plus de 1 000 personnes suivies durant quatre à six semaines. Les résultats ont permis
d'observer que le traitement aux feuilles d'artichaut atténuait sensiblement les symptômes associés à la dyspepsie, sans pour autant causer d'effets indésirables notables.
Une autre étude ayant suivi des sujets durant six mois est arrivée aux mêmes conclusions.
Un essai sans placebo mené auprès de 454 sujets souffrant de dyspepsie et une étude à double insu avec placebo portant sur 244 patients ont confirmé l’effet bénéfique d’un extrait d’artichaut (640 mg par jour, en deux doses) contre la dyspepsie.
Hypercholestérolémie. Au cours d'un essai à double insu mené auprès de 143 sujets atteints d'hypercholestérolémie, les chercheurs ont constaté que l'extrait d'artichaut, amenait une baisse du taux de cholesterol nettement plus élevée que le placebo, soit 18,5 % et 8,5 % respectivement. Cet effet avait aussi été observé au cours des études de pharmacovigilance mentionnées ci dessus et au cours d'essais non contrôlés. On dispose d'une base théorique assez solide pour l'expliquer, puisque certains composés de l'artichaut, la lutéoline par exemple, inhiberaient la synthèse du cholestérol4,10,11 ou préviendraient la production du mauvais cholestérol12. Cependant, les auteurs d'une synthèse publiée en 2002 estimaient que davantage d'essais cliniques à double insu étaient nécessaires pour démontrer l'efficacité de l'extrait d'artichaut pour faire baisser les taux de lipides sanguins13.
Syndrome de l’intestin irritable. Les résultats d'une étude de pharmacovigilance menée auprès de 279 sujets atteints du syndrome de l'intestin irritable ont permis de
constater que 96 % d'entre eux considéraient que le traitement à l'artichaut était aussi efficace, voire plus, que les autres traitements qu'on leur avait administrés dans le passé dans le
but de soulager les symptômes de leur maladie.
Dans une analyse subséquente de ces mêmes données, les chercheurs ont noté, chez 208 adultes souffrant du syndrome de l’intestin irritable, une diminution de 26 % de l’incidence de ce
trouble, une réduction de 41 % des symptômes et une amélioration de 20 % de la qualité de vie.
Note. L'objectif principal d'une étude de pharmacovigilance est de répertorier les éventuels effets indésirables et non pas les effets thérapeutiques d'une substance. Les résultats
thérapeutiques rapportés dans ces études ne constituent donc pas, à eux seuls, une preuve, mais plutôt un indice de l'efficacité de l'artichaut pour traiter le syndrome de l’intestin irritable.
Attention